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Aventures de captivité à Malte (XVIe s.). Le récit du cadi Ma‘cûncızâde Mustafa Efendi

Traduit de l’ottoman, présenté et annoté par Hayri Gökşin Özkoray.

2011
Malte

Malte (Dans "Le livre de navigation", 1521-1525, de Pîrî Re’îs)

Le récit qu’a laissé le cadi (juge) ottoman Ma‘cûncızâde Mustafa Efendi de son expérience de la captivité à Malte, à l’extrême fin du XVIe siècle, constitue un témoignage historique rare, vu le petit nombre de textes autobiographiques émanant de captifs ottomans dont nous disposons aujourd’hui.

Au printemps 1597, le cadi est capturé par des corsaires de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem dans le golfe d’Antalya au cours du voyage qui devait le mener à Chypre, où il était nommé à la circonscription de Paphos. Durant les deux années qu’il passe à la prison de la Valette, le cadi compose alors un texte relatant sa vie quotidienne de captif, où le récit fait souvent place à la déploration, mais aussi à l’évocation de l’histoire de ses codétenus musulmans. Il y compile également les lettres et poèmes qu’il a adressés au sultan Mehmed III et à des dignitaires ottomans afin d’obtenir son rachat. Le déploiement du talent littéraire y est lié à un objectif constant : attirer l’attention des "grands", afin de les conduire à racheter les hommes de science prisonniers des "mécréants".

Mustafa Efendi avait une quarantaine d’années à la conclusion de son rachat en 1599. Nous ne savons rien de son sort d’homme libre, sinon le fait que son manuscrit autographe, qui a pu être recopié dans un lieu qui reste inconnu de l’Empire ottoman, en 1602, nous est parvenu. Au-delà du témoignage précieux que ce document apporte sur le sort des captifs au sein de la "capitale de la piraterie chrétienne" (P. Earle) de l’époque moderne, le récit du cadi est également une source importante d’informations sur la politique de la Porte ottomane quant au problème de la captivité de ses sujets en Europe. C’est enfin — et peut-être surtout, un texte d’une grande richesse littéraire, que la traduction présentée ici s’efforce de restituer.

La traduction présentée ici, rédigée par un spécialiste des sources ottomanes, sera accompagnée d’une introduction présentant les enjeux historiques et littéraires du récit, ainsi que d’une note sur la traduction et la prononciation des termes ottomans, d’un index et d’une bibliographie.